lnb-argent - proA logo blancproA logo blanc -  Site officiel de l'Elan Béarnais Pau - Lacq - Orthez Retrouvez nous sur : Facebook Twitter android logo bleu Appstore Dailymotion

1989-Le serment de Pierre Seillant.

C’est une nouvelle fois le match 2 de la finale et l’Elan défait en limousin (97-108) est mené 1-0. Et s’il parvient à décrocher un match d’appui ce 6 mai 1989, c’est à Limoges qu’il lui faudra retourner. Mr Lionel Jospin, ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse et des sports, grand fan de basket aussi, est dans les gradins. André Labarrère député maire de Pau et nouvel équipier de l’Elan également. Limoges est fort cette année là, très fort, trop fort pour l’Elan. Les béarnais ont été à la traîne tout au long du match et à 4’50’’ de la fin ils sont même décrochés (81-91). Dans un sursaut d’orgueil dont ils ont le secret ils reviennent pourtant souffler sur la nuque de leur rival (93-96) mais, usés, ils manquent les trois opportunités suivantes de se rapprocher davantage encore. Et c’est Dacoury qui à 32’’ du final, d’un panier à trois points scelle le triomphe du CSP en Béarn (100-93, 102-96 au final). Les Limougeauds sautant de joie sur le plancher de la Moutète, l’image fait mal à Pierre Seillant qui reste prostré sur sa chaise un long moment, la main sur le visage pour ne pas voir… Mais il y a eu juste à la fin du match, un panier de Freddy Hufnagel balancé de plus de 11 mètres et faisant filoche! L’image traverse soudain l’esprit du prési qui se lève. Il regarde la Moutète qui, belle joueuse a applaudi poliment Dacoury et les siens, et martèle désormais des " Orthez, Orthez " à tue tête. Il attrape le micro, monte sur la table de marque, le silence se fait d’un coup d’un seul et il fait, le verbe ferme sur le ton, d’un tribun, cette déclaration tonitruante et rageuse : " Quand j’ai vu ce dernier ballon de Freddy pourfendre la cible, j’ai su de toutes mes forces que l’Elan ne baisserait jamais la tête sur un terrain. Alors, devant vous je fais le serment que d’ici deux à trois ans, nous irons reprendre ce titre national ". Les Limougeauds qui fêtent au champagne leur couronne dans les vestiaires voisins, n’entendent pas le défi du boss de l’Elan, pourtant rendez-vous est pris. Et trois ans plus tard, à Pau dans un palais des sports à peine vieux d’une grosse année, contre Limoges, l’Elan est champion de France sans coup férir…

1990 – Le show Waller-Waitman

Jamie Waller, qui n’a peur de rien et qui balade un colt dans sa voiture, José Waïtman qui a peur de tout surtout de mourir à la moindre migraine : les deux américains que Grant- Bialé, le nouveau tandem des coaches, doivent diriger ont une place sur le podium des joueurs US les plus infernaux passés en Béarn ! Pierre Seillant est si las de leurs frasques, de leurs errements, de leur hygiène de vie, qu’il est sur le point de prendre une décision qui va faire du bruit : les suspendre pour la venue de Limoges le 27 janvier 1990. Seulement voilà, Limoges est encore une fois le grand méchant loup du championnat, il arrive à la Moutète fort de 23 succès en autant de journées. Pas un seul échec ! L’Elan lui, les collectionne contre son meilleur ennemi. Il ne l’a plus battu depuis les deux lancers de Freddy Hufnagel le 3 mai 87 soit un 0-9, série en cours… De plus comme d’ordinaire, la Moutète affiche le " no hay billetes ", on jouera à guichets fermés quand bien même la forme de l’Elan n’est pas des plus rassurantes. Le bureau auquel il soumet son idée folle, le dissuade arguant qu’en cas de déroute le public ne comprendrait pas, qu’il se sentirait floué… Waller-Waïtman joueront donc ! Oui mais, le prési a décidé de parler à ses troupes dans le secret des vestiaires. Le face à face dure une demi-heure montre en main. Il n’en transpire rien : " le linge sale se lave en famille " consent seulement Seillant… C’est donc qu’il y a eu une lessive. Le prési est cette fois sûr de son effet : " Limoges plus la télé, c’est suffisant pour qu’on soit présent " sourit-il, omettant d’ajouter son sermon…. Et Limoges chuta sur la 24ème marche : 115-101. Et Limoges subit les foudres, la rage, le talent, la colère, du tandem US : 56 points, 18 rebonds cumulés! Faut dire encore que Deganis, Ortéga et Gadou furent eux aussi étincelants ! On ne le sait pas encore, mais ce sera le seul échec de Limoges cette saison là en championnat. On ne le savait pas mais on s’en doutait fort ce fut aussi le dernier match de Jamie Waller à l’Elan…

1993- Limoges sacré à Pau

Le CSP et l’Elan sont de nouveau face à face pour la conquête du titre. Et, grande première, la finale se joue cette fois au meilleur des cinq manches. De quoi donner du grain à moudre à la saga! Limoges est tout auréolé de son titre de champion d’Europe, l’Elan fait toujours dans la résistance, refusant de se soumettre au joug du CSP. Il est le seul à avoir battu Limoges cette saison encore. Mais c’est les potes de Dacoury qui débarquent à Pau en menant 2-0. Il y a donc de la tension dans l’air et de la pression sur les épaules de Didier Gadou et des siens. Ainsi la ligue nationale a-t-elle demandé aux deux présidents de s’asseoir aux côtés de Jean Bayle-Lespiteau, son président. Pierre Seillant est donc délogé de sa chaise… C’est historique ! Le match 3 est torride, mais l’Elan s’arc boute. Jusqu’au moment où le torchon se remet à brûler : la table de marque refuse à Jim Bilba, un panier validé par les arbitres. Motif les 30 secondes de possession étaient écoulées. Limoges crie au scandale, porte une réclamation, mais elle n’est pas dans les délais. La Fédération accepte quand même de la recevoir. Elle se fait traiter d’autruche ! Les images vidéos sont formelles et attestent de la mauvaise foi des dirigeants limougeauds. Ils persistent cependant « puisque on ne peut pas jouer dans des conditions normales à Pau nous n’irons pas mercredi tonne Le président Pastaud ! Ce qui amuse Seillant : " s’ils ne viennent pas, c’est simple on sera champion de France et ça montrera que l’Europe leur a tourné la tête… " 

La victoire de l’Elan est donc validée (73-69) et les joueurs se montrent bien plus grands seigneurs que leurs dirigeants. Le match 4 a bien lieu, le 12 mai, sous haute surveillance, sans aucun supporter du CSP. Il est également émaillé de trois réclamations en bonne et due forme celles là mais sur le fond Limoges est plus fort. D’autant que Muresan passe à travers et que seul Thierry Gadou est un vrai chantier pour l’adversaire. A la traîne tout le match, l’Elan tire un sacré baroud d’honneur, mieux il passe en tête à 102 secondes de la fin (63-62). Pas suffisant, Dacoury soulève le bouclier au centre du terrain, son 7ème. L’Elan s’incline et rend hommage à ses bourreaux. Ce soir là Pierre Seillant ne prête pas serment mais il confie à quelques proches qu’il ne dormira pas du sommeil du juste avant d’avoir, à son tour, triomphé à Limoges…

 

1998- La couronne à Beaublanc

Cinq saisons, se sont écoulées, L’Elan et Limoges ont chacun ajouté une couronne de plus à leur tableau de chasse mais sans jamais se croiser en finale… C’est chose faite en mai 98. Limoges fait sensation en allant se qualifier à Villeurbanne lors du match d’appui, l’Elan est lui solide comme un roc à la maison : 18 succès en autant de matches! Si solide que Claude Bergeaud pense trouver la solution à l’intérieur du collectif lorsque Marcus Brown se blesse gravement au genou l’avant-veille de l’acte 1. L’arrivée de l’arrière US a métamorphosé l’Elan depuis son arrivée en février. Pierre Seillant envisage presque naturellement la venue d’un renfort. Hors de question de faire à Limoges le moindre cadeau vous l’imaginez… Revient donc à la hâte, celui qui l’année passé est reparti le cou dans une minerve, Damon Bailey. Revient aussi, le soir de la première manche, Jacques Monclar, entraineur de Limoges quand il était jusqu’en décembre celui de l’Elan… Cette finale là ne déclenche aucune polémique, se joue sur fond de relations normalisées et l’Elan continue son parcours façon rouleau compresseur au palais. Il y concasse proprement le CSP (84-62), c’est le deuxième plus gros écart de l’histoire du pay-off ! Il est donc, à minima, assuré d’y rejouer une belle. Pierre Seillant en échangerait volontiers la recette contre un titre en Limousin. Il attend ça, vous n’imaginez pas comment… Pas superstitieux mais tout de même, il invite le député maire à prendre place dans l’avion privé. André Labarrère n’a jamais vu perdre l’Elan lorsqu’il l’a accompagné !!! Ce 26 mai, Beaublanc fait du Beaublanc, bien sûr et en la matière il n’a pas son pareil on le sait. La bronca qui salue l’entrée en piste de l’Elan est de celle dont on se souvient longtemps, l’entrée en matière des Limougeauds sur le terrain devrait être quelque chose aussi. Limoges fonce donc bille en tête, mais l’Elan s’y était préparé, il plie sans jamais rompre et quand il arrive à égaliser juste avant le repos (36-36) quelque chose nous dit que c’est lui qui a le moins sollicité les corps. Quant à l’ambiance, elle n’a jamais dépassé les limites même lorsque Sonko et Markovic se sont chamaillés pour une peccadille. Bientôt le CSP n’a plus que son orgueil et son public pour avancer, c’est trop peu face à un Elan dont le tandem Smith-Scholten fait sien le rebond et dont la sérénité impressionne. Limoges perd la tête à 56-57 et ne le reverra plus. Plus le temps passe plus la salle se tait, elle accuse le coup au final (67-73) et si elle hurle des " Limoges, Limoges " à l’heure de la remise des boucliers c’est bien D. Gadou qui le soulève. Pierre Seillant pourra de nouveau dormir tranquille, il tient son graal… Enfin de dormir on en parlera plus tard car la nuit paloise se prépare et il va l’accompagner jusqu’au bout …

2000- Signe Marcus Brown

Limoges est sur un nuage, 6 victoires consécutives, l’Elan reste sur ses 53 points inscrits à Paris, la seconde plus petite marque de son histoire. Mais quand le classico du 30 janvier s’annonce c’est en coulisse qu’il fait le plus parler. Le CSP et ses dérives ont été rattrapés par la DNCG, le gendarme financier de la ligue. Il se dit même, non sans raison, que si quelques partenaires n’avaient pas mis la main à la poche, le CSP n’était pas en mesure d’assurer le déplacement à Pau. Pierre Seillant qui est devenu l’ennemi numéro 1 en Limousin pour avoir parlé des « titres à crédit » n’est pas mécontent de voir que les faits lui donnent raison. L’arrivée des Limougeauds au Palais se fait dans un silence de cathédrale, comme si on était venu assister à un enterrement. Les caméras s’agglutinent devant le bus, comme si ce pouvait être la dernière sortie du CSP. Seuls les deux américains, Williams et Brown, sont payés, les français jouent pour la gloire, fédérés par un Yan Bonato capitaine plus qu’exemplaire. Cette révolte des limougeauds empoisonnent l’Elan qui ne rayonne pas. Pourtant, il semble avoir faite le plus dur en se ménageant 12 points d’avance (52-40) en milieu de seconde période. Sauf que la fébrilité le gagne alors et qu’il vendange à qui mieux-mieux : ses 8 dernières possessions se soldent pas 5 balles perdues. Limoges recolle du coup et le final est étouffant. Trois secondes de Gulyas dans la peinture, panier de Marcus Brown, l’impeccable Marcu Brown, à 13 secondes de la fin : 61-63, Limoges s’impose à Pau pour la première fois depuis 1993 ! Si Pierre Seillant ne comprend pas comment un club au bord du précipice a pu s’offrir Marcus Brown quand lui n’avait pas eu assez d’argent pour le faire revenir, en revanche il a parfaitement compris que les siens viennent de remettre Limoges en selle… "Vous verrez, ils sont capables d’aller au bout, alors qu’on pouvait leur mettre la tête sous l’eau" tonne-t-il ! De fait Limoges rafle tout, coupe Korac, coupe de France et titre national… Et d’un pas pressé, il fonce vers les vestiaires des siens, pour simplement écrire sur le grand tableau blanc du coach : " ânes aux grandes oreilles ".

  





logo villePau logo cclacq logo PA logo-nouvelle-aquitaine logo peak
logo tigf logo fld logo tempo logo casinoPau logo dpd  logo-hotelina